Faire graver une pièce d'orfèvrerie : ce à quoi vous devez veiller
samedi 10 novembre 2018
A la fin de cet article, vous saurez reconnaître ce qui fait la qualité d’une gravure sur une pièce d’orfèvrerie. Vous pourrez exercer votre œil ensuite en observant de

près les timbales, ronds de serviette, coquetiers, médailles, gourmettes d'enfants ou chevalières que vous croiserez.

Et peu à peu vous comprendrez pourquoi la gravure est un métier ancestral dont le savoir-faire s'est transmis de longue date et s'est amélioré avec les machines modernes. Pourquoi il appartient à ce qui relève d’un savoir-faire de tradition. Et pourquoi nous avons précisément fait le choix de cette tradition, chez Aubry-Cadoret.


On a souvent besoin de personnaliser une pièce d’orfèvrerie : graver un prénom sur une gourmettes d’enfant, une timbale, la date du baptême ou de la naissance sur une médaille. Mais il y a derrière cette personnalisation une quantité de détails auxquels il faire attention.
Il ne faudrait pas que la personnalisation vienne gâter le geste d’offrir.



Graver un nom sur des médailles de baptême :



Le principal risque que vous prenez lorsque vous commandez une gravure sur une pièce d’orfèvrerie est au fond ... de l’ordre de la faute de goût !

Faire graver un prénom ou une date de baptême n’a finalement rien d’une évidence. Non seulement l’artisan à qui vous confiez ce geste doit savoir vous conseiller pour ce qui est de la technique de gravure (voir plus bas), mais il doit aussi vous conseiller sur le choix des lettres ou police.

C’est en effet à l’art subtil de la calligraphie que votre gravure doit en premier lieu rendre hommage. Il est de tradition de faire graver ce prénom en lettres anglaises, même si cela n’a rien d’obligatoire.

La police anglaise est une écriture cursive, c’est-à-dire qu’on n'y lève presque jamais la plume. On l'exprime en italique. Apparue dans les années 1660, elle a été codifiée et a inspiré l’écriture scolaire dans de nombreux pays dont la France.


Un hommage à la calligraphie et aux traditions



C’est donc la police de caractère la plus ancrée dans nos traditions, celle qui fait sentir la plume et qui respecte l’art des pleins et des déliés qui a tendance à être majoritaire dans l’art de la gravure. Lorsqu’on la reconnaît sur une gourmette d'enfant ou un rond de serviette, on sait alors qu’il y a là l’évocation d’une lignée d’hommages à l’art du bien écrire.

Ou plus précisément : d’écrire à la main. Le geste de graver un prénom, d’aider le récipiendaire du cadeau à affirmer une identité qu'il portera au poignet, au cou ou sur tout autre objet symbolique, est d’abord une façon d’affirmer une singularité. C’était autrefois le geste de ceux qui possédaient le savoir-faire de l’écriture (les moines, les aristocrates,…). Un savoir rare grâce auquel ils ennoblissaient en quelque sorte à travers la gravure le porteur du bijou.

A l’heure où, sous prétexte que tout le monde sait écrire, on ne pratique plus que l’écriture du clavier, opter pour les lettres anglaises peut donc être un choix symbolique. A condition, bien entendu, d’aimer cela.


Le respect des règles typographiques



Au-delà du choix du type de police (anglaises, bâtons, ...), c’est au respect de règles de typographie de base que l’artisan qui vous conseillera doit savoir vous rappeler.
Par exemple, lorsque vous graverez le mois de la date en lettres (janvier, février et non pas 01,02), ne mettez pas de majuscule au nom du mois. On écrira : 3 mars 2018 et non pas 03 Mars 2018.

Il y a d’autres règles de ce type auxquelles vous devez faire attention



La technique



Ce qui conduit à malmener ces petits détails est parfois lié aux procédures que l’on utilise de nos jours.

Les paramétrages par défaut sont tellement associés aux usages internationaux ou anglo-saxons qu'ils font oublier aux praticiens trop rapides les subtilités de notre langue et de nos traditions. Ils sont hélas bien souvent associés aux technologies de gravure bas de gamme.

Pour tirer les prix, certains professionnels ont en effet, opté pour les techniques de gravure au laser qui présente de nombreux défauts.

Cette gravure-là, en effet, consiste à focaliser l’intensité du rayonnement laser afin de faire fondre ou s’évaporer le matériau à cet endroit. Les problèmes de qualité sur des matériaux comme l’argent sont donc logiques. Rien ne vaut la précision, à notre sens, la précision de la technique classique qui consiste à enlever la matière par burinage et non pas en faisant fondre ou évaporer.

Chez Aubry-Cadoret nous faisons le choix de la qualité. Nous nous interdisons donc le recours à cette technique et nous continuons de respecter les règles du métier de graveur. Nous faisons appel à un Maître Graveur.



Le métier de la gravure



Certes, il reste peu de graveurs ciseleurs et médailleurs en activité en France. On en compte 150 selon l’Institut de formation et de recherche pour les artisanats des métaux (IFRAM). Mais ce savoir est précieux.

Techniquement, il s'agit d’enlever de la matière. Pour obtenir des décors de trait ou de surfaces en creux, le graveur taille le métal avec différents outils tels que le burin, l’onglet ou l’échoppe. Tout l’art consiste à creuser des sillons plus ou moins profonds, afin d’élaborer des effets de surface.

La technique reine est bien sûr celle de la gravure. Le graveur choisit la pointe de celui-ci qui peut être carrée, rectangulaire ou en losange, en fonction du geste qu’il a à effectuer.
C’est l’extrémité de cette pointe qui trace la taille et c’est le geste de l’artisan qui rendra ensuite la gravure nette et sans “bourrelets”. Ce qui n'interdit pas les graveurs modernes de se faire aider par des machines. Il s'agit là de machines à pointe de diamant : le principe de la technique reste le même, le recours au diamant apporte une efficacité supplémentaire. Mais l’oeil de l’artisan reste essentiel.

C’est cet œil qui vous évitera les imprécisions. C’est lui et lui seul qui vous garantira la qualité. Une qualité que vous repérerez immédiatement à la précision du rendu final.


Graver un blason sur une chevalière : la technique de la taille douce


On peut avoir besoin de gravures plus complexes que le simple nom ou la date de naissance. C’est le cas lorsque l'on veut graver un blason sur une chevalière.

Dans ce cas, le Maître Graveur aura recours à une autre technique, celle de la taille douce.
Le graveur héraldiste définit d'abord le motif du blason à graver. Il s’agit en général d’une reproduction d'un blason existant. Il le dessine ensuite sur le support avant la gravure.
Il grave enfin un motif en creux qui servira à réaliser une empreinte. Burins, échoppes, onglettes, compas, pointes, grattoirs, marteaux et ciselets miniatures sont utilisés pour graver et ciseler le blason minuscule.
Le graveur héraldiste traduit les couleurs en hachures et pointillés selon une codification rigoureuse.

Chaque graveur a sa propre main, liée à son style, sa formation; chaque gravure main sera différente.


Faire graver sur la pierre : la technique de gravure lapidaire



La même approche peut être utilisée sur des pierres précieuses. On parle alors de gravure lapidaire.
Là encore, pour ces deux techniques particulières, l’enjeu est important. Il faut pouvoir être sûr du résultat à l’avance. La façon dont l’artisan vous posera les questions et dont il étudiera votre projet doit être en mesure de vous rassurer. C’est ce que nous nous attachons à faire, chez Aubry-Cadoret, lorsque vous nous interrogez sur un projet de ce type.


 
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