Parrain, marraine : voilà ce que l'on attend de vous
mardi 31 juillet 2018

Parrain, Marraine, ce qu'on attend de vous







Bravo, vous avez été désigné par les parents pour entrer au plus près de leur famille ! Que vous soyez amis ou déjà parent - voire proche parent - si l’on vous demande désormais d’être parrain ou marraine d’un enfant, c’est que l’on reconnaît en vous la personne qui saura le ou la guider spirituellement et moralement, en plus de ses parents (et éventuellement ses frères et soeurs). C’est donc, de leur part, un choix assumé d’élargir le cocon de leur enfant à votre présence et, sachez-le, parrain ou marraine, c’est pour la vie. Une fois inscrit(e) sur les registres, on n’en change plus !



Alors il est temps de comprendre quel rôle ces parents attendent de vous. Et de vous projeter dans un futur très proche, puisque la relation que vous allez entretenir désormais avec votre filleul(e) sera unique en son genre : elle sera celle que vous en ferez.


Ce rôle vous parle forcément, puisque notre culture en est baignée.Le rôle qui s’approche le plus de celui que vous aurez à jouer, c’est celui des contes... Les classiques de la littérature jeunesse ont consacré cette figure entre toutes reconnaissables de cette “Marraine, la bonne fée”. Celle qui se penche sur le berceau, celle qui protège le héros ou l’héroïne, et qui lui tient lieu de mentor. C’est le guide amical, celle qui rassure Cendrillon et l’envoie au bal, ou Sirius Black confident et plus proche parent d’Harry Potter. C’est le personnage que les enfants adorent, soyez-en sûrs. Il ne tient donc qu’à vous d’adorer l’incarner...


Parrain- marraine dans le cadre de la religion


Dans la communauté chrétienne, un parrain ou une marraine est d’abord choisi comme le guide qui accompagnera l’enfant dans sa foi. De son entrée dans la religion (le baptême) à chacune des étapes de sa foi, ses parents comptent sur vous pour être présent(e) et lui servir de modèle. Vous devrez donc être stable dans votre foi pour éclairer votre filleul(e) dans sa vie spirituelle.

Vous devrez notamment être présent(e) aux cérémonies importantes telles que sa première communion, sa profession de foi et sa confirmation. À commencer, bien entendu, par son baptême, où les rôles féminins et masculins sont en général bien définis : la marraine porte l’enfant lorsque le prêtre verse sur sa tête l’eau du baptême, et le parrain tient le cierge allumé.

Ensuite, vous pouvez accompagner votre filleul(e) au catéchisme, lui offrir des livres jeunesse pour l’éduquer peu à peu à la foi, en complément de ce que lui apportent ses parents : ils vous ont choisi comme son guide, pour que vous puissiez répondre à ses questionnements et les aider eux aussi à lui forger une identité chrétienne. Cela signifie que vous devez être pour votre filleul(e) un modèle, un exemple à suivre, dans votre spiritualité mais aussi dans votre attitude de vie.

Par ailleurs, vous incarnez pour l’enfant, en étant présent à ses côtés, en plus de sa famille nucléaire, un premier contact avec l’idée de la communauté chrétienne. La confiance qu’ils vous portent et vous renouvelleront au fil de votre vie, peut être une zone de confort et de stabilité pour votre filleul(e), qui grandira dans un contexte de partage, d’échange, voire de compagnonnage, tel qu’il se retrouve dans les valeurs de l’Église. Soyez donc présent(e) physiquement dans la mesure du possible.


Parrain et marraine : au-delà du domaine religieux


Contrairement à une idée reçue, être parrain ou marraine n’a aucune valeur juridique. C’est donc un engagement solennel, moral, que vous prenez auprès des parents et de l’enfant. Un engagement de présence et d’accompagnement, même en cas de disparition des parents.

Vous êtes pour cet enfant un adulte qui ne portera pas le poids de l’autorité comme ses parents. Ce qui signifie pour lui ou pour elle la possibilité de se confier à vous, et de s’appuyer sur une complicité unique, rassurante pour l’enfant comme pour ses parents.

Vous pouvez lui offrir un foyer ouvert, où votre filleul(e) aura envie de se réfugier parfois ou de se découvrir en voyageant pour vous rendre visite si vous ne vivez pas à côté. Vous êtes aussi la personne autorisée voire encouragée à l’emmener en voyage, à lui proposer des expériences de vies initiatiques qui, sous votre contrôle, rassureront ses parents tout en lui étant une source d’épanouissement.

Ils n’attendent pas de vous que vous soyez le Père Noël bonus, même s’il est toujours agréable de lui consacrer de petites attentions. Cela fait partie de votre liberté de choix : que voulez-vous partager avec votre filleul(e) ? Si vous avez déjà des enfants, ou que vous savez en vouloir à l’avenir, vous ne pourrez évidemment pas concentrer l’exclusivité de votre attention à votre activité de parrain ou de marraine, ni offrir à votre filleul(e) plus qu’à votre propre famille. C’est donc à vous de créer ce lien unique, qui ne ressemble à aucun autre.

Il suffit parfois de quelques mots bien choisis pour être la béquille inattendue de votre filleul(e), un soutien qui peut l’aider à se construire. Il suffit de lire les correspondances de Guillaume Apollinaire avec une inconnue qui s’est improvisée sa marraine et a accompagné ses dernières années de vie (Lettres à sa Marraine, 1915-1918) pour sentir la force de ce rôle de confident privilégié, qui peut vous faire grandir autant que votre protégé.

Quels que soient vos doutes et vos envies, n’hésitez pas à en parler d’abord aux parents, car c’est aussi à eux de déterminer, avec vous, la place qu’ils souhaitent vous voir occuper auprès de leur enfant.





Témoignage : Mathilde : 29 ans - marraine




J’ai grandi avec un parrain et une marraine, qui avaient, chacun, très à coeur leur rôle spirituel. Mes parents ont choisi pour moi et mes quatre frères et soeurs nos oncles et tantes.
J’étais sans doute moins proche de mon oncle, mais ma tante était assez jeune quand on lui a demandé d’être ma marraine, et je pense que ça a joué sur notre relation, vraiment privilégiée.
Elle a toujours été comme une sorte de grande soeur pour moi, même en ayant toujours vécu assez loin géographiquement. Elle n’a jamais oublié un anniversaire ou un moment important pour moi. Elle avait toujours de petites attentions, et quand elle a su que j’étais enceinte, elle a eu (je pense) la même joie que si sa propre fille le lui annonçait. C’était ma confidente, et nous sommes toujours très proches aujourd’hui.

Mon frère a la même relation privilégiée avec son parrain, on est leur fierté, d’une certaine manière, et on se sent proches d’eux.

Maintenant, c’est à mon tour. Je suis marraine d’un jeune garçon, presque adolescent aujourd’hui. Et c’est un rôle fort. Quand on s’engage à être parrain ou marraine, on réalise qu’on est responsable de cet enfant, qu’on a la responsabilité d’être comme un relai des parents, en cas de besoin. Les parents vous choisissent, comme une extension d’eux-mêmes. Ils se fient à vous pour protéger leur enfant. C’est puissant, la relation qui peut se créer avec un enfant dont on se sent responsable, même de loin.

Alors quand je peux, je fais venir mon filleul, et je passe des jours à me creuser la tête pour imaginer tout ce qui pourrait lui faire plaisir. Je lui fais visiter Paris, je l’emmène au restaurant… J’ai envie de le rendre heureux.
Je culpabilise parfois de ne pas être un guide spirituel très strict ou droit avec lui, mais je crois justement que je lui transmets ma spiritualité, une spiritualité apaisée, qui se vit au quotidien. Beaucoup plus proche de moi, tranquille.


Témoignage : Pauline : 30 ans - marraine


Mon parrain, c’est mon oncle. Mais j’ai avec lui une relation qui n’a rien à voir avec celle d’un oncle et de sa nièce. On est très proches, je ris avec lui comme avec un ami, je l’appelle souvent, et on s’inquiète mutuellement de ne pas avoir de nos nouvelles régulièrement.

Pendant longtemps, mon parrain a été mon confident. C’est vraiment une relation privilégiée, une chance, d’avoir quelqu’un comme ça qui veille sur vous : il a la sagesse d’un parent, d’une mère, et son expérience. Et il a le vocabulaire et l’attitude de mes meilleur(e)s ami(e)s, ce qui m’encourageait à lui parler souvent. Cela fait de lui un guide naturel, un conseiller qui était toujours là dans les mauvais moments si j’avais besoin, mais aussi dans les bons. Parce que dès qu’il m’arrive quelque chose de beau, j’ai envie de l’appeler, de partager avec lui mes joies. Je sais que ça le touche. Quand je lui ai annoncé ma grossesse, il a été aussi ému que si j’étais sa fille. C’était bouleversant, comme moment.





 
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