Rénovation d’une pièce d’orfèvrerie : cela en vaut-il la peine ?
mercredi 10 octobre 2018

Vous avez une pièce d’orfèvrerie en mauvais état ? Devez-vous la faire réparer ?


Bien souvent, on néglige les possibilités offertes par les techniques de rénovation et de réparation.
On sous-estime les possibilités, on sur-estime les coûts. Ou l’inverse. Voici une petite check-list pour décider s’il vaut la peine d’apporter votre pièce à un professionnel.



1. Votre pièce vous semble toute vieillie. Elle est terne, vous semble par endroits carrément “noire”. Vous aimeriez qu’elle retrouve son éclat. Mais visiblement le métal qui la constituait a été recouvert d’une couche parasite. A moins qu’au contact de l’air, il se soit transformé en autre chose. Vous ne vous souvenez pas bien de vos cours de chimie, mais visiblement, là, le temps a fait son œuvre.



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Cochez-vous cette case ?
Si oui :
ne vous laissez pas aller au découragement. Vos cours de chimie oubliés vous diraient simplement que la fine couche qui s’est déposée sur le métal d’origine n’a en rien dissous ce métal. Elle est venue au contraire le protéger. Rien à voir avec des produits agressifs qui auraient pu être utilisés par erreur.

Votre pièce est au contraire dans la situation idéale pour... un bon avivage.
Cette technique consiste, comme son nom l’indique, à redonner de l’éclat à des métaux qui semblent avoir fait leur temps.
Le procédé consiste à brosser la pièce mécaniquement, avec des disques en matière naturelle, posés sur des machines qui tournent à grande vitesse. On retrouve très vite le pli vif typique des pièces argentées. En tout cas pour les pièces argentées.

Cette technique est en outre très peu onéreuse. Les artisans avec qui nous travaillons, chez Aubry-Cadoret, sont des professionnels de longue tradition d’orfèvrerie, aux devis tout à fait raisonnables. Quelques euros par pièce.

Noter que l’avivage ne concerne pas seulement les pièces en argent. La technique est aussi utilisée pour le bronze, le laiton, et les autres métaux.




2. Votre objet est ancien de quelques décennies seulement. Il vous semble d’une grande valeur, ne serait-ce que sentimentale. Mais il faut le réargenter. C’est clair.
Un doute vous assaille toutefois. Vous ne savez pas bien si la technique de réargenture qui sera nécessaire est bien adaptée à la matière au cœur de l’objet qui ne vous semble pas être un métal classique (argent, laiton, cuivre, ….).

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Cochez-vous cette case ?
Si oui :
votre doute est un excellent réflexe.
En effet, vous l’avez compris de nombreuses pièces d’argenterie sont constituées d’un métal courant, le plus souvent du laiton, qui a été recouvert d’une fine couche d’argent. Si l’on réargente une telle pièce, en la plongeant dans un bain d’argent, l’électrolyse fonctionnera alors parfaitement et la fine couche d’argent se déposera à même le métal et votre pièce ressortira alors du bain comme neuve.

A condition qu’il s’agisse effectivement d’un de ces métaux classiques supportant bien l’électrolyse (cuivre, …).

Ainsi, de plus en plus fréquentes sont les pièces en zamak, un alliage de zinc, aluminium, magnésium et cuivre. Ces alliages adaptés à la coulée sous pression, sont parfait pour des pièces de configuration complexe.

Et couramment utilisés pour cela dans l’industrie.
Si l’âme de votre pièce (ustensile d’art de la table, notamment) a été construite ainsi, cela risque de “tuer le bain” d’électrolyse, et il faudra alors nickeler avant d’argenter, ce qui revient cher. La valeur de votre pièce est-elle à la hauteur d’un tel traitement ?

Seul un professionnel saura vous le dire.





3. Vous avez hérité une très belle timbale en argent (ou une médaille ou toute autre pièce d’argent). A moins que vous n’ayez simplement envie de l’acheter à cet antiquaire dont la vitrine vous fait rêver. Ce serait une belle idée que de la transmettre aux nouvelles générations (petit-fils, nièce, etc.).

Hélas, elle comporte en plein milieu, les initiales de quelqu’un dont vous ignorez tout. Vous vous demandez ce qui peut être fait pour ces initiales.
Devez-vous inventer l’histoire imaginaire d’un héros qui aurait laissé ses traces ou, plus sérieusement songer à les enlever ?
Oui mais comment ?

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Cochez-vous cette case ?
Si oui :
pas besoin d’inventer des sornettes pour excuser auprès du récipiendaire de votre cadeau ces initiales incongrues. Il est tout à fait possible de les faire enlever, sans rien ôter au charme si particulier de cette timbale ou de cette médaille.

L’orfèvre spécialisé qui interviendra s’attellera simplement, après un éventuel débosselage (voir ci-après), à déposer de l’argent à l’endroit des initiales. Une fois ce dépôt effectué, l’argent fondu viendra se couler dans les interstices qui formaient la gravure de ces signes qui n’évoquent rien pour vous.

L’artisan réparateur viendra ensuite dégrossir le dépôt ainsi soudé à la lime, manuellement. Puis il terminera son intervention par un pré-polissage puis un polissage (voir point 1) pour affiner le tout. Votre pièce sera alors comme neuve, prête à associer son destin à celui de nouvelles initiales.



4.Cette théière en argent est superbe. Hélas, elle possédait un manche en ivoire cassé ou fendillé. Et de nos jours, l’ivoire a mauvaise presse. Mieux vaut-il jeter ce bel objet ? C’est la question que vous vous posez n’est-ce pas ?

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Cochez-vous cette case ?
Si oui :
ne commettez pas l’irréparable. Reprendre des manches de couteaux, des anses de théière cassés ou autres problèmes liés à ces matières de type corne animale fait partie des techniques classiques de l’orfèvrerie. Et ces techniques évoluent.

On sait parfaitement de nos jours réparer ces parties des pièces d’orfèvre et les remplacer en respectant parfaitement la biodiversité. L’ivoire peut être remplacé par d'autres matières animales (la corne noire –la corne de buffle – les bois de cerf …) avec un respect total des réglementations en matière d’approvisionnement durable.

Idem pour les bois tropicaux ou précieux (ébène).

On peut également remplacer la matière originelle par des résines alternatives ( imitation ivoire – lazuli – corail – ambre – plexiglas –etc.)





5. La théière, la timbale ou même ce plat en argent : les voici tout bosselés. Vous ne savez pas qui a pu leur en vouloir ainsi pendant tout ce temps, mais une chose est sûre : il y a des bosses partout et on ne peut plus rien servir là-dedans.
Vous vous dites que faire réparer cela va demander un temps fou et, comme le temps est de plus en plus cher... cela ne vaudra certainement pas le coup.

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Cochez-vous cette case ?
Si oui :

n’allez pas trop vite dans votre raisonnement.

Vous ne pouvez savoir a priori comment devra s’effectuer la réparation.
S’il y a du débosselage, la difficulté viendra, dans le cas d’une théière par exemple, de la possibilité qu’il reste ou pas d’accéder à l’intérieur pour y placer les outils ad hoc.

Dans le cas de formes cylindriques ou arrondies (cloches destinées à conserver la chaleur des plats cuisinés par exemples), le travail sera en effet souvent manuel mais pas uniquement.

Les machines viennent aussi au secours des artisans. Faites faire un devis et ne présumez pas du caractère désespéré de la situation.






6. Les couteaux ou fourchettes en argent massif sont désemmanchés ou descellés ? Sont-ils définitivement fichus ? Si l’argent massif lui-même a cédé, c’est bien que la pièce a fait son temps, non ? En prononçant cette seule question, un doute vous assaille : est-ce bien le cas ?

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Cochez-vous cette case ?
Si oui :
vous avez raison de douter. Après quelques années d’utilisation, les manches d’un couteau en argent massif ou en métal argenté peuvent se desceller. Cela peut arriver aussi si le manche est en ébène, nacre, corne ou ivoire.

Mais ce descellement n’est pas forcément un drame terrible. Dans l’argenterie ancienne, les manches sont scellés avec des cires ou un ciment pour couteaux qui supportent très mal les températures élevées. Sans doute votre lave-vaisselle sera apparu à vos pièces d’argenterie comme un véritable faux-frère.

La réparation consiste à vider le manche de son contenu, à le remplir d’une cire moderne et adaptée au rescellement. La seconde vie de vos couteaux est plus que possible : elle en devient souhaitable.





 
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