Rénovation d’une pièce d’orfèvrerie : cela en vaut-il la peine (suite)
samedi 20 octobre 2018

La check-list pour décider.


Vous avez une pièce d’orfèvrerie en mauvais état ? Devez-vous la faire réparer ?
On sous-estime trop souvent les prouesses techniques que peuvent réaliser les orfèvres spécialistes de rénovation et de réparation.

Suite de notre check-list pour décider s’il vaut la peine d’apporter votre pièce à un professionnel.
Voir la première partie ici.



7. Votre pièce est toute rayée. Vous vous dites qu’avec autant de rayures, pendant toutes ces années, c’est finalement beaucoup de matière qui est partie. A quoi bon conserver un objet si abîmé et si défraîchi? Vous vous demandez s’il y a encore quelque chose à faire.

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Oui :

n’allez pas trop vite dans votre raisonnement. Une rayure peut être significativement atténuée par de l’avivage. Il s’agit d’un polissage léger qui, précisément, fait également disparaître les rayures, tout comme il fait disparaître les dépôts oxydés (voir point 1). C’est justement sa fonction. L’avivage est moins coûteux et dans la plupart des cas, cela suffit à faire disparaître les rayures



8. On vous a dit que pour les couverts, il allait falloir désargenter les pièces. Cela vous étonne. La réparation en orfèvrerie consiste-t-elle à tout refaire de zéro ?

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Oui :
cela ne doit pas vous étonner. Ceci concerne tout particulièrement des pièces telles que les couverts, très utilisés. On mène à ces objets une vie très dure.
Les zones très sollicitées pour l’utilisation (pointes des fourchons pour les fourchettes, dos des cuillères) s'usent tout particulièrement, c'est normal. Les couverts que l'on confie aux bons réparateurs en orfèvrerie sont donc entièrement désargentés avant d'être ré-argentés. C'est ainsi que nous faisons chez Aubry-Cadoret.
Il en va du succès de la ré-argenture qui est l'opération majeure de la rénovation. L'une des clés de ce travail est en effet l'alliance parfaite entre le support qui donne sa solidité à la fonction de l'objet (piquer, couper, etc.) et l'argent qui le recouvre et qui lui donne son éclat.


9. On vous dit que réargenter votre pièce ne coûte vraiment rien et que c’est très efficace ?
Vos couverts sont abîmés. Vous en déduisez donc que faire procéder à une ré-argenture à ce prix-là, défiant toute concurrence, et bien pourquoi pas ?

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Oui :
soyez prudent. Une ré-argenture trop bon marché est peut-être le signe qu’il s’agit d’une pratique dite de “flashage”. Cette technique consiste à apposer par galvanoplastie une pellicule d'argent pendant 5 min. Cela fait son petit effet, mais ce n’est pas du tout suffisant, cela ne durera pas. Un bain de qualité prend 30 ou 45 min !
Normalement les bons ateliers se refusent à ce genre de pratique. Mais parfois, les brocanteurs font “flasher” les articles qu'ils mettent en vente. Si l’on vous parle de ré-argenture, vérifiez que cela sera fait avec un grammage suffisant, et selon les méthodes des professionnels sérieux. Dans ce cas des couverts ré-argentés tiendront 25 ans. Mais ne vous laissez pas tenter par les sirènes de prix cassés.



10. On vous dit que le mieux pour réparer votre argenterie est de passer par les grandes Maisons ?. Vous profiterez donc de leurs procédures qualité en faisant appel à elles. Le raisonnement vous paraît logique.


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Oui :
Chez Aubry-Cadoret, notre point fort en matière de restauration est précisément ce savoir-faire ancien comme le prouve, entre autres choses, notre situation, au cœur de ce Marais, quartier traditionnel de l'Orfèvrerie d'art. Nous réalisons d'ailleurs des travaux de ré-argenture , de réparation de métaux et de pièces anciennes aussi bien pour les les particuliers que pour les professionnels.



11. Vous avez un couteau ancien dont la lame est en acier carbone. Celle-ci est tachée, voire rouillée. Le couteau est donc inutilisable. Vous vous demandez si cela est récupérable. Le jeter serait vraiment dommage, tant le manche est superbe. Mais cela en vaut-il vraiment la peine ?

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Si oui :
pas de problème. On peut faire énormément de choses en matière de restauration. Dans ce cas précis, vous avez le choix. Vous pouvez soit traiter la lame d’origine par un chromage qui va lui redonner sa splendeur passée. Cette opération peut nécessiter une vingtaine d'étapes : la préparation de la lame, tout d’abord qui exigera un traitement de surface spécifique, le nickelage, le chromage. Il faudra ensuite traiter le couteau dans sa totalité (notamment polir le manche et lui redonner du lustre). On finira par un avivage du couteau en entier.
Vous pouvez également remplacer la lame par une lame en inox. Dans ce cas, le couteau perdra un peu de son authenticité. Cette deuxième option suppose toutefois que la qualité du manche le permette. Si le corps de celui-ci est trop fin ou sa matière trop précieuse (ébène, ivoire, corne), nous préférerons vous inviter à réaliser un chromage de la lame existante.



12. Votre pièce d’argenterie fait apparaître des poinçons anciens. Vous savez que cela a un grand intérêt. Vous avez peur qu’une intervention de type ré-argenture vienne abîmer ces poinçons. Vous vous dites qu’il vaut mieux ne rien faire.


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Oui :
votre prudence vous honore. En effet, les poinçons anciens ont une grande importance en orfèvrerie. Le poinçon est une marque officielle appliquée par le fabricant d’un objet en métal précieux pour marquer sa provenance, ou bien par l’Etat pour garantir l’origine.

D’autres poinçons viennent aussi signer la pièce. Il s’agit souvent alors d’un signe mêlant les initiales et un symbole de l’orfèvre. Cette garantie a été mise en place par les rois de France, à différentes époques. Il s’agissait d’éviter les trafics de métaux précieux et de garantir le travail des corporations. Cette réglementation a évolué avec Colbert, puis la Révolution française, puis enfin en 1838.

Les poinçons racontent donc souvent l’histoire de votre pièce d’orfèvrerie. Ils permettent aux antiquaires d’en évaluer le prix. Pour les poinçons plus récents, ils sont une marque officielle indispensable.
Lors d’une restauration, il est donc important de les préserver au mieux, et de s’assurer que les techniques choisies lors de cette réparation ne viendront pas atténuer la lisibilité du poinçon.

De même, en matière de respect de l’histoire et de la valeur d’une pièce très ancienne, au-delà du poinçon qu’il ne faut pas recouvrir, le fait de recourir à des alliages identiques pour la soudure et le respect de la patine dans les techniques qui seront utilisées doivent guider votre choix de l’atelier à qui vous confierez la restauration. Il en va du respect du caractère historique de votre pièce.


D'autres questions ? Votre cas spécifique n'est pas traité dans le cadre de ce quiz ?

Appelez-nous pour nous l'exposer et recevoir notre réponse technique. Tel : 01 47 00 17 22


 
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